Protéger avant de faire fructifier n'est pas un slogan de circonstance. C'est l'ordre dans lequel les gestionnaires du collectif abordent un patrimoine, et la raison pour laquelle le premier rendez-vous commence par un bilan plutôt que par un produit.

En une phrase

La recherche de rendement vient après quatre étapes : protéger le patrimoine des risques de perte, de l'inflation, de la surfiscalisation, puis le rendre résilient aux crises. La performance est l'étape cinq, pas l'étape un.

Qui parle ?

Protection Épargne est un collectif de gestionnaires de patrimoine indépendants, c'est-à-dire non adossés à une banque ni à une compagnie d'assurance. La marque est opérée par Collect SAS (SIREN 938 669 355). Les membres sont sélectionnés par moi, Nicolas Andlauer, après deux entretiens, avant d'apparaître sur ce site. Ils signent une charte commune et acceptent un suivi trimestriel des dossiers issus du collectif, ainsi qu'un droit d'audit des autres membres, sur des données anonymisées : on vérifie que le besoin du client a été traité et satisfait en suivant les règles de la charte. Le principe est celui de l'autorégulation, un peu comme un plan HACCP en cuisine, où chaque étape critique est contrôlée par quelqu'un d'autre que celui qui l'a réalisée.

Chaque membre est agréé pour l'expertise qu'il exerce. L'immatriculation à l'ORIAS est une obligation légale, pas un label : elle atteste du statut, et chaque fiche de gestionnaire sur ce site indique le numéro correspondant, vérifiable sur orias.fr. Selon leurs activités, les membres relèvent du contrôle de l'AMF pour le conseil en investissements financiers (statut CIF, via une association agréée) et de l'ACPR pour l'intermédiation en assurance ; certains détiennent en plus une carte T pour les transactions immobilières, un statut d'IOBSP pour l'intermédiation bancaire ou travaillent avec un prestataire de services d'investissement agréé.

Un mot sur « indépendant », parce que le terme est piégeux. Nous l'employons au sens capitalistique : aucun actionnaire bancaire ou assureur, donc aucune gamme maison à écouler. Ce n'est pas la même chose que le « conseil indépendant » au sens des directives MIF 2 (investissement) et DDA (assurance), qui désigne une rémunération exclusivement en honoraires. Selon le cabinet, le membre travaille en honoraires seuls ou perçoit des rétrocessions des producteurs ; dans tous les cas, c'est écrit et communiqué au client avant toute souscription. Le mot juste serait « autonome ». Comme tout le monde dit « indépendant », nous faisons avec, mais nous préférons l'expliquer.

Le piège de la performance

Beaucoup de gestionnaires se concentrent sur la performance des investissements. C'est leur métier et ils le font souvent bien. Mais la performance d'une ligne n'est pas la performance d'un patrimoine.

Un cas fréquent, à titre d'illustration : un contrat avec quelques unités de compte qui ont bien marché, dont on parle avec fierté. Sauf que 70 % du contrat dort dans le fonds en euros. La performance globale est inférieure à l'inflation. L'épargnant croit s'enrichir ; en pouvoir d'achat, il s'appauvrit lentement. Son épargne n'est même pas protégée de l'inflation.

Autre angle mort, surtout pour les patrimoines importants : l'enveloppe elle-même. On regarde ce qu'il y a dedans, rarement le contenant. Exemple type : « mon argent est en sécurité à la banque ». C'est vrai jusqu'à 100 000 € par déposant et par établissement, tous comptes confondus : c'est la limite de la garantie des dépôts (FGDR). Avec 300 000 € dans une seule banque, 200 000 € ne sont plus couverts par cette garantie. La solution n'est pas compliquée : répartir sur trois banques, ou sur plusieurs contrats d'assurance vie chez des assureurs différents. Pour les contrats de droit français, la garantie du FGAP joue jusqu'à 70 000 € par assuré et par assureur en cas de défaillance de celui-ci ; le régime luxembourgeois repose sur un autre mécanisme, le triangle de sécurité. Même logique pour la loi Sapin 2, qui permet de limiter temporairement les retraits sur les contrats français en cas de tension, ou pour la fiscalité qui s'applique à la sortie : un portefeuille brillant dans une enveloppe fragile reste un patrimoine fragile.

L'ordre des priorités

Nous ne sommes pas contre la performance, au contraire. Nous disons qu'elle vient en dernier, parce que chaque étape protège la suivante.

  1. Protéger des risques de perte. D'abord, ne pas perdre : diversifier les établissements, les juridictions, les classes d'actifs ; vérifier ce qui est réellement garanti, jusqu'à quel montant, et par qui.
  2. Protéger de l'inflation. Un patrimoine qui rapporte moins que la hausse des prix recule. La sécurité apparente du tout-fonds-euros a un coût, qui n'apparaît pas sur le relevé.
  3. Protéger de la surfiscalisation. Pas d'optimisation agressive : choisir les bonnes enveloppes, au bon moment, pour que la fiscalité ne mange pas ce que les deux premières étapes ont construit.
  4. Rendre le patrimoine résilient aux crises. Un bon patrimoine n'est pas celui qui monte le plus vite. C'est celui qui tient quand tout baisse, et qui garde de la liquidité disponible au moment où les opportunités apparaissent (voir où placer son argent en temps de crise).
  5. Et seulement ensuite, la performance. Une fois les fondations posées, on cherche du rendement, avec une prise de risque choisie, comprise et dimensionnée.

La performance compte, mais pas à court terme

Il faut l'assumer : la performance est importante. C'est elle qui protège de l'inflation, et c'est elle qui permet d'absorber les baisses sans entamer le capital. Mais elle ne se juge pas sur un trimestre. Un patrimoine bien construit peut passer une mauvaise année ; ce qui compte, c'est la trajectoire sur un cycle complet, hausse et baisse comprises. Regarder la performance à court terme pousse à faire exactement ce qu'il ne faut pas : vendre après la baisse, acheter après la hausse.

Pourquoi un patrimoine résilient se comporte-t-il bien ?

Sur le long terme, la masse de liquidités qui se dirige vers les marchés et les produits d'investissement a tendance à augmenter. C'est une tendance de fond observée sur plusieurs décennies, pas une loi : elle connaît des interruptions. Un patrimoine diversifié, positionné sur des actifs réels et correctement logé en profite sans avoir besoin de paris.

Mais la liquidité ne monte pas toujours. Il y a des périodes où elle se contracte, et c'est là que la différence se voit : le patrimoine construit pour la performance décroche, le patrimoine construit pour la protection encaisse, puis repart. Nous voulons des patrimoines qui se comportent correctement dans les deux sens. C'est tout l'intérêt de poser les quatre premières étapes avant la cinquième.

Quand cette devise ne s'applique-t-elle pas telle quelle ?

Elle n'a pas le même poids pour tout le monde. Avec 15 000 € d'épargne de précaution, la garantie des dépôts suffit et la question est ailleurs. Avec un horizon de moins de trois ans, on ne cherche pas la performance, on cherche la disponibilité. Et quelqu'un qui est déjà réparti sur plusieurs établissements, plusieurs enveloppes et plusieurs classes d'actifs a déjà fait l'essentiel : chez lui, la discussion porte directement sur les étapes 3 à 5. La devise est un ordre de priorités, pas une recette unique.

Comment sommes-nous rémunérés ?

Protection Épargne ne vend aucun produit financier, ne conseille personne et ne perçoit rien sur les placements. Les gestionnaires membres paient une adhésion annuelle au collectif et rémunèrent Protection Épargne pour les demandes de rappel qui leur sont transmises. C'est ce qui finance le site, les contenus et la mise en relation. Le conseil, lui, est rémunéré par le gestionnaire selon ses propres modalités, annoncées au client avant toute décision.

Qu'est-ce que ça change concrètement ?

C'est pour ça que la charte engage les gestionnaires du collectif à commencer par un bilan, pas par un produit. Avant de parler rendement, on regarde où sont les fragilités : l'enveloppe, la concentration, la part réellement exposée à l'inflation, la fiscalité à la sortie, la tenue en cas de crise. Faire fructifier vient après. C'est l'ordre dans lequel on protège une vie d'épargne.

Prolongements

Les investissements comportent des risques, y compris de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.