C'est quoi, un conseiller en gestion de patrimoine ?
Un conseiller en gestion de patrimoine est un professionnel réglementé dont le métier est d'organiser votre épargne et votre patrimoine en fonction de votre situation : revenus, projets, fiscalité, famille, tolérance au risque. Ce n'est ni un vendeur de produits financiers, ni un banquier : c'est un généraliste du patrimoine, qui coordonne les dimensions financière, fiscale et successorale de vos décisions.
Le titre est encadré. Un CGP sérieux est enregistré à l'ORIAS (le registre officiel des intermédiaires), exerce le plus souvent sous le statut de CIF (conseiller en investissements financiers), adhère à une association professionnelle agréée par l'AMF et dispose d'une assurance responsabilité civile professionnelle. Ces quatre points se vérifient en quelques minutes, et nous vous conseillons de toujours le faire : le terme « conseiller en patrimoine » seul n'offre aucune garantie.
« CGP » désigne le métier. « CGPI » ajoute l'indépendance : un cabinet qui n'appartient ni à une banque ni à un assureur. Attention à la subtilité réglementaire : la directive MIF II réserve le mot « indépendant » aux conseillers rémunérés exclusivement en honoraires. Un CGP capitalistiquement indépendant peut percevoir des rétrocessions, à condition de vous les annoncer avant toute souscription. L'important n'est pas le label, c'est la transparence. Nous détaillons tout cela dans notre article sur les CGP indépendants.
Ce qu'il fait concrètement pour vous
Le travail d'un bon CGP tient en trois missions, dans cet ordre :
- Analyser. Ce que vous détenez, ce que vous payez réellement en frais (souvent la découverte la plus surprenante), les risques que vous portez sans le savoir, et votre profil de risque, que la plupart des épargnants n'ont jamais formalisé.
- Structurer. Choisir les enveloppes (assurance vie, PER, compte-titres…) et les supports adaptés à votre situation, négocier les frais, organiser la fiscalité et la transmission. Un CGP en architecture ouverte choisit parmi l'ensemble du marché, pas dans un catalogue maison.
- Suivre. Rester votre interlocuteur dans la durée, proposer des arbitrages quand votre situation ou les marchés évoluent, et vous expliquer chaque décision avant de la mettre en œuvre.
Dans les faits, la relation commence presque toujours par un bilan patrimonial : un état des lieux complet de votre situation, qui débouche sur des recommandations chiffrées. C'est à la qualité de ce bilan, et à la clarté des explications qui l'accompagnent, que l'on reconnaît un bon professionnel.
En avez-vous vraiment besoin ?
Soyons honnêtes : tout le monde n'a pas besoin d'un conseiller en gestion de patrimoine.
Vous pouvez probablement vous en passer si : votre épargne tient sur des livrets réglementés et une épargne de précaution (moins de 20 000 € environ), votre situation fiscale et familiale est simple, et vos projets sont à court terme. Dans ce cas, un livret A bien rempli et un peu de lecture font l'affaire, et un conseiller ne pourrait pas créer assez de valeur pour justifier son intervention.
L'accompagnement devient pertinent lorsque :
- votre épargne financière dépasse 20 000 à 50 000 €, et dort en partie sur des supports par défaut (livrets pleins, fonds euros, assurance vie bancaire jamais revue) ;
- vous ne savez pas précisément ce que vous payez en frais chaque année ;
- un événement patrimonial approche : héritage, vente d'entreprise, départ à la retraite, expatriation, transmission ;
- vous êtes exposé aux marchés sans avoir jamais défini votre profil de risque ;
- vous n'avez simplement ni le temps ni l'envie de gérer cela sérieusement vous-même, ce qui est un motif parfaitement valable.
Une épargne « sans conseiller » n'est jamais vraiment sans gestion. Elle est gérée par défaut : par les conditions d'un contrat signé il y a dix ans, par des frais que personne ne conteste, par un catalogue qui rémunère d'abord celui qui le distribue. La vraie question n'est donc pas « conseiller ou pas de gestion », mais « gestion choisie ou gestion subie ».
Combien coûte un conseiller en gestion de patrimoine ?
C'est la question la plus fréquente, et la réponse honnête est : cela dépend du mode de rémunération, qui doit dans tous les cas vous être annoncé avant toute signature.
| Mode de rémunération | Ordre de grandeur | À vérifier |
|---|---|---|
| Honoraires de conseil (bilan, étude) | 500 à 3 000 € selon la complexité | Le périmètre exact de l'étude |
| Frais sur encours (suivi des contrats) | 0,5 à 1 % par an selon les montants | Ce qu'ils incluent (arbitrages, rendez-vous) |
| Rétrocessions (versées par les producteurs) | Variables, intégrées aux frais du contrat | Leur montant, communiqué avant souscription |
Mais ce calcul n'a de sens que comparé au coût de l'absence d'accompagnement. Lors des audits menés par les conseillers de notre collectif, les contrats d'assurance vie bancaires affichent en moyenne 2,2 % de frais annuels toutes couches confondues, contre 1,1 % pour des contrats équivalents négociés par un CGP. À stratégie identique, cet écart de 1,1 point se retrouve chaque année dans votre performance nette : sur 100 000 € pendant 20 ans, il dépasse 60 000 €. Dans la plupart des situations que nous auditons, l'accompagnement coûte moins cher que son absence. Pour le détail des tarifs et des exemples concrets, voir combien coûte un conseiller en gestion de patrimoine.
Faites le calcul pour votre situation
Deux curseurs suffisent. Le second est un test honnête : peu d'épargnants savent y répondre, et c'est déjà une information.
(frais moyens 2,2 %/an)
(frais négociés 1,1 %/an)
Gestionnaire de patrimoine en banque ou indépendant ?
La plupart des épargnants rencontrent d'abord la gestion de patrimoine via leur banque. La différence avec un cabinet indépendant est structurelle, pas une question de compétence individuelle :
| Conseiller en banque | CGP indépendant | |
|---|---|---|
| Univers de choix | Le catalogue de l'établissement | L'ensemble du marché (architecture ouverte) |
| Relation | Conseiller qui change régulièrement de poste | Le même interlocuteur dans la durée |
| Rémunération | Salarié de l'établissement, objectifs commerciaux | Annoncée avant signature, contrat par contrat |
| Frais des contrats | 2,2 %/an en moyenne (nos audits) | 1,1 %/an en moyenne, négociés |
Cela ne rend pas les conseillers bancaires incompétents : cela borne simplement ce qu'ils peuvent vous proposer. Un conseiller ne peut recommander que ce qu'il a le droit de vendre. Le comparatif complet est dans banque ou indépendant.
Comment choisir (et vérifier) son conseiller
Avant tout engagement, cinq vérifications et cinq questions.
Les vérifications
- Enregistrement ORIAS à jour (registre consultable en ligne, gratuit)
- Statut CIF et adhésion à une association agréée AMF (CNCGP, ANACOFI…)
- Assurance responsabilité civile professionnelle en vigueur
- Plusieurs années d'exercice et des références vérifiables
- Un engagement écrit sur la transparence, comme une charte signée
Les questions à poser
- Comment êtes-vous rémunéré, exactement, sur ce que vous me recommandez ?
- Travaillez-vous en architecture ouverte, ou avec une liste de partenaires restreinte ?
- Qui suivra mon dossier dans deux ans ?
- Pouvez-vous me montrer un exemple de bilan patrimonial anonymisé ?
- Que se passe-t-il si je ne donne pas suite à vos recommandations ?
Un professionnel sérieux répond à ces cinq questions sans détour. Toute gêne sur la question de la rémunération est un signal d'alerte. La méthode complète, avec les 10 questions détaillées, est dans comment trouver le bon conseiller.
Questions fréquentes
À partir de quel montant un CGP accepte-t-il de vous suivre ?
Un premier rendez-vous est-il payant ?
Quelle différence entre un CGP et un conseiller bancaire ?
Comment vérifier qu'un conseiller est sérieux ?
Un CGP peut-il gérer mon argent à ma place ?
Envie d'un avis sur votre situation ?
Les conseillers du collectif Protection Épargne, signataires de notre charte de transparence, réalisent une première analyse gratuite et confidentielle sous 48 h. Sans engagement.